Un Eléphant dans mon carburateur    |     home
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Fêtes
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Fêtes


Ceci est une vieille histoire, mais elle contient tellement de sagesse qu'elle vaut d'être répétée.

Si le soleil se lève à 5h30, ce pourquoi nous ne pouvons que le féliciter, il a aussi tendance à se coucher vers 18h, l'un étant la conséquence de l'autre.  Automatiquement lorsque j'arrive en Afrique je me réveille à 5h, et je m'endors à 21h.  Ce n'est pas tout à fait idéal du point de vue pratique.  Si votre bureau n'ouvre qu'à 7h30, qu'est- ce que vous allez faire de 5 heures à l'ouverture?  C'est encore moins pratique lorsque vous êtes invité pour un dîner à 20 heures et que vous commencez à bailler à 21 heures.

J'ai vu encore pire, des collègues africains travaillaient pour une Organisation dont le siège était en Californie, le travail de coordination par téléphone se faisait entre minuit et 2 heures du matin, parfois ils avaient l'air un peu fatigués pendant la journée.

Se réveiller à 5 heures est idéal pour les jours où on veut aller visiter un park national.  Vous arrivez juste à temps pour le lever du soleil et avant les touristes, puisqu'ils ne peuvent pas prendre leur petit déjeuner avant 7 heures.
Ce qui m'étonnait toujours, c'est que me réveillant dans le noir-gris de 5 heures, arrivant avec une tasse de thé à la main sur la terrasse à 5h30, je voyais passer à pied des familles entières qui certainement s'étaient levées vers 4 heures.  Pourquoi ?
Lors des grandes chaleurs certains de mes collègues préféraient pratiquer l'agriculture à la lumière de la lune.  C'était beaucoup moins chaud, donc moins fatigant.  Au moment où le maïs pousse, il est normal de se lever vers 4 heures, de biner jusqu'à 7 heures, se laver et arriver au bureau à 8 heures.  Je me souviens toujours des commentaires des visiteurs techniques des pays riches commentant le plus sérieusement du monde " les mesures à prendre du fait de la paresse des agriculteurs qui quittent leurs champs vers 3 heures de l'après midi,… ". Le fait que j'ai fait partie de ce genre de missions et que j'ai aussi sérieusement émis des opinions semblables me gène quelque peu aujourd'hui.
Tout ceci pour dire que le soleil se couchant vers 6 à 7 heures du soir, cela nous laissait beaucoup de temps pour des activités sociales.  Celles-ci étaient limitées, n'ayant pas de télévision, pas vraiment de cinéma, pas de radio ondes courtes, il restait le gin tonic.  Nous avons donc consommé du gin tonic.
Lors de ma dernière mission on m'a mis au Gaylord Inn sur Ngong Road.  Grande chambre agréable, bien éclairée.  Un Hôtel- Restaurant très agréable qui avait bien compris les besoins alimentaires d'un jeune travaillant dans les champs.  Pas d'assiettes, le "stew with two veg" (mitonnade aux deux légumes) arrivait dans un immense plat du genre "plat à poisson". De quoi nourrir une famille.  Pas de risque non plus de manger vite, le boeuf bouilli demandant une force maxillaire certaine.  La diversité du menu était aussi une source de joie, parfois le stew était servi avec du chou et des pommes de terre, parfois le stew était servi avec des pommes de terre et du chou.
Remarquez que dans tous les hôtels de brousse où j'ai été on m'a toujours présenté une carte de restaurant alignant une bonne dizaine de plats, il fallait être heureux si un seul de ces plats existait vraiment.
En Tanzanie lorsque nos mangions du stew avec du riz local on aurait dit un concours de vieillards édentés, la technique était de pousser le riz vers le palais avec la langue, de triturer, et une fois qu'on était sûr qu'il n'y avait pas de cailloux, de l'avaller.  Naturellement mon patron ne m'a pas averti et lorsque j'ai écrasé un morceau de montagne entre mes molaires il m'a dit que, si on avait  de la chance, c'était une pierre calcaire. Un morceau de granit casse la dent.  Ce n'est plus le Loto sportif mais le Loto minéralogique.  Pour me rendre original j'ai réussi à casser une molaire sur un noyau de mangue.  Ces débutants, vraiment, on ne devrait pas les lâcher si loin de chez eux Il!
Ce qu'on ne m'avait pas raconté pour le Gaylord Inn, c'est que c'était la succursale de la Présidence de la République. A partir de 3 heures de l'après-midi les Mercedes arrivaient, de gros messieurs importants (double pléonasme), des ministres, des directeurs de toutes sortes descendaient des voitures, s'installaient dehors, dedans, et la bière commençait à se déguster.  Les longs plats (à poisson sans poisson) arrivaient régulièrement, mais ce coup-ci sans "two vegs", seulement de la viande bouillie grillée à l'huile de coton.  Les messagers commençaient à arriver des Ministères et repartir avec les réponses.  Vers minuit il y avait tellement de monde que les Mercedes servaient de succursales au restaurant.
Finalement je crois que c'était là un des meilleurs systèmes de gouvernement qu'on puisse imaginer.  J'habitais là-dedans et je n'avais l'air de gêner personne.  J'aurais été un bon carriériste, je me serais fait inviter à une table, en Afrique ça n'est pas difficile, mais lorsqu'ils travaillaient eux, moi je dormais déjà.
Nous avons eu deux fêtes mémorables.  La première fut chez un couple suédois. C'est ce copain qui alla chez le meilleur boucher, commanda 5 kg de la meilleure viande, la fit couper en petits morceaux pour une fondue, et la viande étant coupée offrit au boucher la moitié du prix demandé.  Et le boucher accepta !!!
Nous étions peut-être en Afrique, mais nous gardions les grands jours suédois, par exemple la fête du solstice, de Noël, de Sainte Lucie, De toute façon si il n'y avait pas eu de raison suédoise pour fêter nous aurions trouvé autre chose (est-ce Mark Twain qui avait convaincu un village américain de fêter l'arrivée aux Etats-Unis de La Fayette ?).
Nous fêtons donc le solstice d'été (en plein hiver Kenyan).  Quelques cocktails à l'arrivée, puis les hors-d'oeuvres suédois qui se boivent soit avec de la vodka, soit de l'aquavit. "Toute personne buvant de la vodka chaude ou dans un verre qui n'a pas été gelé devrait être condamnée à l'eau et au pain sec pour le restant de sa vie". Nous avons ensuite dansé, ce qui veut dire qu'ils ont dansé.. moi je n'ai le droit de danser que si le service médical est à moins de 500 mètres.  En dansant il faut compenser les pertes de liquide, c'est très important. Ensuite nous avons dîné, vin blanc, vin rouge (est-ce que par hasard il aurait osé servir du vin australien ?).
Après le dîner nous arrivons aux desserts, au café, aux pousse-café. Nous n'étions pas totalement tristes.  Quelques toasts ont été portés, par respect naturellement, au roi, (un verre cul sec), au drapeau (un verre cul sec), au drapeau, dès fois qu'on l'ait oublié (un verre cul sec).  Ayant accompli ces devoirs déplaisants nous pouvons passer aux chansons traditionnelles en buvant des jus de fruit (avec vodka ou gin), puis l'atmosphère devenant un peu fraîche on nous sert quelques grogs.
L'important est de rester simple, modéré, tout faire calmement sans excès.  Annie et moi repartons, c'est à dire que selon la tradition, nous nous asseyons dans le Kombi et les invités poussent. Ceux qui ont de l'expérience poussent au milieu de la voiture, ceux qui n'en ont pas poussent derrière les roues (vive le teinturier).  Jusque là tout allait bien à part ce brouillard persistant. Curieux, nous n'avions jamais connu de brouillard en cette saison !.


Nous passons d'abord par le venelle avec les énormes trous, puis par la ruelle avec les gros trous, puis par le chemin avec les trous puis nous arrivons sur Ngong Road.  Le brouillard restant toujours aussi épais, Annie ouvre la fenêtre de son coté, moi de mon côté, elle surveille le bord de la route et commente selon que nous nous approchons ou nous éloignons du fossé, moi je surveille la bande du milieu de la route.  Par je ne sais quel miracle nous arrivons jusque chez nous où nous laissons la voiture en plein dans le passage devant notre maison.  Le lendemain matin en nous réveillant nous avions très mal à la tête, ce qui prouve qu'il est très dangereux de conduire une voiture avec les fenêtres ouvertes par temps de brouillard.

A Ngong Road Annie a décidé que le régime à base de stew (merci Lucas) pourrait être diversifié si nous invitions nos deux patrons.  Par prudence Annie qui connaît les suédois leur demande si ils mangent du lapin , on ne peut pas dire que leurs exclamations de joie aient dérangé les voisins.  Mais il paraît qu'ils en avaient mangé pendant la guerre.
Donc en avant les lapins.  On ne peut pas dire qu'on se soit concertés, Annie et moi, mais je la tiens pour entièrement responsable.
Ce que je n'ai jamais compris, c'est pourquoi nous devions offrir du lapin, alors que dans le pays, si on voulait être exotique on offrait de la gazelle, du gnou, du buffle (tout ça c'est d'ailleurs très mauvais, des bêtes qui courent tout le temps, ce n'est pas l'entraînement idéal pour faire des beefsteaks, (vous avez déjà vu des charolais galoper ?).
Arrivée des deux patrons et d'une patronne.  Nous ouvrons  quelques petits jus innocents : vous connaissez le Bloody Mary?  C'est frais et amusant.  Oui, ils étaient d'accord pour essayer ce jus de tomate renforcé avec en plus un peu de poivre et de sauce Worcester.  Au deuxième ou au troisième on commence à penser qu'il y a peut-être beaucoup de gin dans ce mélange.
Quelques hors-d'oeuvres appétissants, histoire d'accompagner le Chablis (et celui-là n'est pas australien),  puis nous passons au lapin avec du St Emilion (pas australien non plus).  A ce moment du repas je crois que nous aurions pu servir du rat d'égout, ça n'aurait provoqué aucune réaction.  La preuve c'est que patron numéro deux nous a expliqué qu'il avait un peu chaud et il a enlevé ses chaussettes.  N'oubliez pas qu'il s'agit là d'un suédois pour qui le comble de l'indécence est de venir avec un noeud papillon " fantaisie " au lieu d'un noeud papillon noir.
On arrive avec les fromages et un Bourgogne (c'est curieux, je n'arrive pas à me souvenir s'il était australien?), les desserts avec le café puis quelques rafraîchissements.
Ca devait être la même saison que la première fête parce que le brouillard était de nouveau retombé.  Patron un et deux et patronne sont partis vers le coup de loin après minuit dans leur magnifique 4'4 d'occasion, il est parti sans qu'on pousse, sans qu'on ouvre le capot! Le 4*4, ce n'était pas mal parce qu'il a raccourci le trajet en passant par le fossé au lieu du petit pont.
Je suis sur que la voiture doit avoir des émanations d'oxyde de carbone parce que le lendemain il n'avait pas vraiment l'air en forme.
Cette petite fête avait lieu dans notre maison de Ngong Hills Road.  C'est là que j'ai pu admirer la stupide des oiseaux.
En face de notre chambre à coucher nous avions de grands eucalyptus, ce qui n'est pas très original.  De grands rapaces s'étaient mis en tête que la fourche en face de notre fenêtre était l'endroit idéal pour construire leur nid.  Ces rapaces étaient soit les simplets du coin ou les Einsteîns distraits.
Pour les premières branches cela a été sans trop de problèmes.  Lorsqu'il s'est agi de commencer ce qui est vraiment la construction, il nous semble que la méthode choisie avait quelques défauts.
Un rapace arrivait sur la branche à côté du nid avec dans le bec la plus grosse branche qu'il ai trouvée. Là il restait assis regardant avec perplexité ce qui probablement devait devenir un nid.  Ca me rappelle le temps où je regardais l'énoncé du problème de mathématique en n'ayant pas la moindre idée de ce que cela pouvait impliquer comme action.  Donc monsieur (ou madame) rapace est là à regarder pendant une bonne dizaine de minutes, puis - çà doit être comme dans les jeux télévisés: il y a un temps limite-, d'un seul coup il prenait son élan, plongeait vers le nid, déposait vaguement sa contribution dans cette direction, laquelle branche dégringolait régulièrement de l'arbre et il repartait tout fier de l'oeuvre accomplie.
Selon mon épouse cela ressemble étrangement à mes efforts de bricolage, il paraît que j'ai commencé à assembler une armoire il y a de cela 5 ans (temps de montage 1h30) et qu'il serait temps que je la termine.
Nous ne nous sommes pas contentés d'une seule maison sur Ngong Road.  Nous avons répondu à une annonce et sur les 50 réponses que le propriétaire a reçu nous avons été choisis sur nos qualités propres, à savoir blancs et donc riches.
Notre nouveau logement était la "maison d'amis", guest house d'une belle villa dont le propriétaire, de descendance danoise, avait une Agence de Voyage. Nous étions juste en face du "Kenya Science Teachers College" où travaillait mon patron, où j'avais donc libre accès et j'étais à deux cents mètres de mon laboratoire..
Notre nouveau logement était soit un grand studio, soit un petit deux-pièces. Nous avions même une cuisine (ou était-ce un placard?).  A l'arrière une petite véranda.  Au- dessus de nous les abeilles volaient paresseusement, leurs arrivées ressemblaient à l'appontage d'une escadrille d'avions ivres sur un porte-avions qui aurait rétréci au lavage.  Nous étions assis sur la terrasse, le soir, jouissant de notre thé du soir,
Cette histoire peut sembler exagérée, mais j'ai vécu son corollaire au Burundi.  Des abeilles avaient décidées que la planche au-dessus de la porte d'entrée était l'unique endroit où elles pouvaient vivre. Elles faisaient de fréquentes visites à l'intérieur de la maison où mes chiens essayaient de les manger.
Etant agronome j'ai essayé plusieurs insecticides sans grand succès, puis l'ai trouvé une poudre blanche qui elle a eu trop de succès.  D'abord rien, puis à 6 heures du soir des milliers d'abeilles folles qui essayaient et réussissaient par tous les moyens à pénétrer dans la maison.  Cela ressemblait à un de ces films américains de catastrophe, genre  " les rats attaquent ".
Le lendemain le spécialiste local est arrivé, Il a fait tout le travail à main nues, mettant carrément la tête à côté des alvéoles.
Tout le miel et la cire pleine d'insecticide a été conservé, vendu et consommé.
Rencontrant notre propriétaire danois le lendemain, nous lui racontons comme nous aimons bien notre logis, surtout être assis sur la terrasse à boire le thé et regarder les abeilles.  M. Christensen sursaute comme si une de ces abeilles l'avait piqué, fonce vers la véranda, inspecte les abeilles (oui, elles sont bien là).  Il semblerait que M. Christensen a l'intention de se préparer pour l'entrée dans les groupes spéciaux d'intervention anti-émeutes.  Il se précipite sur le téléphone.  Trente minutes plus tard une équipe arrive avec échelle, pince Monseigneur, insecticides, vêtements protecteurs, les planches du toit dont arrachées, les abeilles inondées de toutes sortes de produits, cela ressemblait à Hambourg en 1947, donc plus d'abeilles.  Nous prendrons notre thé sans abeilles.
Nos chambres à coucher faisaient toujours rire les serviteurs.  Surtout les lits, ou plutôt le dessous du lit.  Si vous souleviez la couverture vous trouviez un assortiment de haches, de panga, de bombes à peintures, d'alarmes sonores.  Nous vivions, comme presque tout le monde, dans la hantise du cambriolage plus ou moins violent.
A Dar es Salaam les gardiens de nuit, n'ayant pas le droit d'avoir d'armes à feu, avaient des arcs. Le résultat n'était pas meilleur.
20 Ans plus tard, en Zambie, je patrouillais mon quartier la nuit avec un calibre 12 sur l'épaule, nous avions au moins une attaque par mois.  Grâce à ces patrouilles je pouvais non seulement me protéger, mais protéger 6 familles zambiennes. Mes gardiens de nuit (2) disparaissaient dès qu'il y avait un bruit,
Du temps de notre logement chez Chistensen nous étions jeunes, convaincus que le monde était beau et bon
Une nuit je me réveille, bizarrement.  Pourquoi est-ce que je me réveille?  La fenêtre était étrange, qu'est-ce que cette chose ronde en bas?  Ca ne pouvait tout de même pas être une tête ? Je me lève, la chose ronde disparaît, mon coeur bat, bat, je vais dans le salon, quelque chose disparaît par la fenêtre (qui était sans grilles et ouverte).  Je regarde et soudainement un homme apparaît dans le noir et fait le geste de lancer quelque chose vers moi.  Mon seul souvenir est ma peur totale.  Pas l'ombre du début de quelque chose qui pourrait s'appeler du courage, Le résultat fut maigre, un pantalon disparu.  C'est dans ces circonstances qu'on se réjouit de cette manie des hommes de toujours vider les poches de leur pantalon avant de se coucher.
Pourtant la maison était entourée de plusieurs centaines de veilleurs antivols qui eux ne dorment jamais.  Les crapauds chantent la nuit.  Selon le conservatoire de Musique des Crapauds, cette musique serait à comparer à une fugue de Bach, fugue qui durerait du coucher du soleil au matin.  Pour nous qui sommes sans culture cela ressemble à des pompes à eau comme on avait anciennement, celles avec un levier, des pompes qui n'auraient pas été graissées depuis 10 ans.  Dès que quelqu'un s'approche, le crapaud se tait et vous vous réveillez immédiatement.  Je crois que je ne connais pas de système plus efficace,  sauf peut-être celui qui consiste à garder un serpent dit "apprivoisé" à la maison, ça a été essayé.
Ce qui est désagréable c'est qu'une fois que vous avez été cambriolé, cet événement reste toujours dans votre tête.  J'ai eu des amis qui ont été cambriolés, attaqués, battus, brûlés.
En Zambie je n'avais pas d'alarme dans la voiture, et je me suis fait voler deux fois par la fenêtre.
En ville, il fallait avoir un serviteur dans la voiture et un dehors pour être protégé des voleurs.
Dans la voiture nous avions sous les sièges une ou deux bombes de peinture, l'idée étant d'arroser un voleur à la tire.  Je n'ai jamais eu à m'en servir.
C'était pourtant encore le bon temps.  A Nairobi nous avions accès à deux " drive-in " où on pouvait aller sans avoir peur de se faire attaquer dans la voiture.  Notre Kombi n'était jamais très populaire.  Une règle non écrite voulait que les Kombi, étant hauts de toit, se parquent à l'arrière du " drive-in ", or à cette distance l'écran ressemblait à un timbre-poste.  Si en plus du son qu'on n'entendait que très vaguement il fallait regarder le film aux jumelles, le plaisir de la sortie était très diminué.
Le débutant peut se demander pourquoi on n'entend presque pas le son au drive-in ?. Vous pouvez faire une expérience, installez-vous en dehors de votre maison, regardez et écoutez un film à la télévision en regardant par la fenêtre, en mangeant du pop-corn et des " fish and chips " enveloppés dans du papier glacé qui crisse.  Essayez après cela de résumer le dialogue !!
Se retrouver dans les derniers rangs du " drive-in ", c'est aussi se retrouver parmi ceux qui viennent au cinéma avec d'autres intentions que de jouir d'un film.  Nous avons donc essayé de faire un compromis en parquant assez près et de côté de l'écran, ce sont des places peu recherchées, à cette distance tous les acteurs ressemblent vaguement à des chevaux qui se seraient coincé le museau dans une porte d'ascenseur.
Bien que ce soit des jours encore heureux et paisibles (pour nous les nantis), il fallait faire attention en repartant du " drive-in ", l'astuce des voleurs de ce temps- là consistait à heurter l'arrière de votre voiture, le but étant de vous inciter à vous arrêter pour ensuite vous dévaliser.
Nous avons, comme tant d'autres, aussi apprécié le " drive-in " sur la route de l'aéroport, l'écran était orienté de telle sorte qu'on pouvait voir le film de la route, voir, mais pas entendre !
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