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Kericho
A Nairobi nous sommes déjà à 1600 mètres d'altitude.  C'est la ville repos où les pionniers du chemin de fer on construit leur camp de base avant de s'attaquer au passage du Rift Valley.
En continuant vers l'intérieur des terres, on passe par la magnifique faille du Rift Valley, on arrive sur l'autre bord et on grimpe, on grimpe, on grimpe, et puisqu'on monte l'air devient de plus en plus léger et le moteur de plus en plus asthmatique.
La région allant de Nairobi au bord du Rift Valley est une zone de cultures intensives, dites zone de la tribu Kikuyu.  Les pluies sont bonnes, vous avez à la fois les pluies courtes du mois de Novembre et tes pluies longues d'avril ce qui vous permet deux cultures de maïs par an.  Les agriculteurs ayant des idées assez variables finalement on trouvait du maïs à tous les stades de développement.  La terre est assez riche puisque nous ne sommes qu'à une centaine de km du volcan Longo-longo

Au Zaïre le passage des femmes avaient été bien étudié par les prétendus policiers. Ceux ci prélevaient une dime au passage de chaque femme, sous la forme de quelques branches, un peu de charbon, quelques feuilles de manioc.
Partout le long de la route on côtoyait les femmes Kikuyu portant le bois de chauffe sur leur dos.  Elles ont une longue lanière qui passe sur le front et tiennent le lourd fagot de bois sur le dos et elles marchent patiemment les yeux fixés au sol, lentement, jour après jour.
En fait il semble que la vie d'une femme africaine n'est fait que de portage, au début ce sont les enfants qui sont portés sur le dos enveloppés dans le pagne, jusqu'à ce que l'aîné des enfants puisse prendre la relève.
Souvent elles marchent en file de 3 ou 4 femmes, souvent en tête vient un homme, quelques mètres devant les femmes.  Lui ne porte rien par respect pour la tradition.  La tradition à l'origine était pleine de bon sens puisque le ou les hommes devaient protéger le groupe contre les attaques, soit d'animaux, soit d'autres hommes.

Les jeunes filles portent les empilages de bidon remplis d'eau, eau pour faire la cuisine (il faut 9 part d'eau pour une part de maïs. La propreté  est essentielle.  Vous ne verrez pratiquement jamais quelqu'un de sale, sauf les enfants qui sont souvent couverts de poussière.  Lorsque les femmes montent dans votre camionnette vous sentez cette odeur si typique de vêtements imprégnés de fumée de feu de bois.  Juste avant d'arriver à Nairobi vous pouviez voir les piétons qui se lavaient les jambes avant de rentrer en ville Pour enlever la poussière de la route.  Vous retrouver cette même tradition du lavage des pieds et des, jambes dans le nouveau testament.  C'était un très grand progrès social lorsque les moyens financiers permettaient de porter des chaussures même les jours de semaine.













*Arrivant à Kericho, si on y arrive, on est à 2200 mètres d'altitude et au Paradis.
Avant Kericho on passe la région de Molo encore une grande productrice de blé, puis, du fait de l'altitude, soudainement on arrive dans les plantations de thé.  Plantations car de ce temps là, le thé se faisait uniquement en plantations propriété des grands producteurs de thé, je crois que la plus grande partie de la région appartenait à Brook Bond.


Décrire un paysage de plantations de thé est presque aussi facile que de décrire une plaine beauceronne du temps de Zola.  Lorsque vous avez accumulé les qualificatifs genre (plaine dorée ondoyant sous le vent " vous êtes arrivé à strictement rien.  Le thé c'est avant tout une harmonie, une harmonie entre le taillis végétal, les arbres, le ciel, les hommes, Dans le meilleur des cas.
Que dire des théiers sinon qu'ils sont verts, et pourtant ce n'est pas cela du tout.  La feuille du théier est ainsi faite qu'il n'y en a pas deux identiques de forme, grandeur, attitude et de couleur.  Le théier dépend entièrement du soleil et de la pluie, c'est à lui de s'orienter de manière à en profiter au mieux, Un champ de théier c'est un tableau de Monet revu par Turner, où il faut arriver à exprimer à la fois l'unité et la diversité.
Video
Kericho Tea Estates in Kenya

Heureusement que cet ennui harmonieux est interrompu par les cueilleuses de thé. Elles avancent par bandes de 10 cueilleuses, un bâton à la main, une grande hotte au dos, un sac en plastique sur la tête si ça goutte encore, et elles bavardent, bavardent.  Derrière elles, à quelques mètre, un contremaître (homme) avec un bâton de 3 mètres.  J'espère qu'il est sourd.  Du bâton il indique aux cueilleuses les feuilles qu'elles ont oublié ou, plus grave, il pose son bâton sur la table de cueillette et gronde parce que la table de cueillette n'est pas parfaitement horizontale.
C'est un très grave pêché que de cueillir les feuilles latérales, le théier se transforme alors en boule, l'illumination et la maturité devient irrégulière et le thé de mauvaise qualité. Il faut savoir que pour le vendeur il n'existe qu'une seule qualité : La plus haute !!!  Tout le restant n'est que pourriture (ce qui est une plaisanterie pour initiés, le thé étant en fait une pourriture contrôlée).

Vidéo
Le Paradis sur Terre
Le Paradis Vert
A chaque remarque du contremaître correspondent les commentaires des femmes cueilleuses.  En fait cela se passait assez bien, il était de l'intérêt de tout le monde que la cueillette se fasse le plus vite et le mieux possible,.Ies ouvriers étant payés à la quantité et à la qualité.
L'ouvrière selon son degré d'habilité saisi d'une main où de deux mains les trois feuilles supérieures (pour les initiés les deux feuilles et la pointe) et seulement celles là, lorsque la main est pleine elle les jette dans la hotte.  Le thé ne peut être cueilli que lorsque la rosée du matin s'est évaporée et il doit impérativement être mis en camion 4 heures après, le processus de flétrissement et d'échauffement de la feuille commençant tout de suite. En plantation au moins les ouvriers n'ont pas à se soucier du camion, en village c'est une toute autre histoire, le camionneur passant à l'heure qu'il veut ou que le camion veut.
J'ai déjà vu des villageoises attendre toute la journée pour un camion qui ne viendra pas et ainsi perdre leur récolte de 10 jours. La seule ruse consistait à essayer de mélanger ses feuilles à, celles du. voisin. pour qui le camion passait le lendemain matin.  Si le contrôleur dormait cela passait, au moins jusqu'à l'usine, où c'était la catastrophe.
Les villageoises qui étaient reconnues pour vendre de la mauvaise qualité où qui avaient tant de dettes envers la coopératives qu'elles ne recevaient pas d'argent, avant bien sur découvert qu'il était bien. pratique de vendre sa récolte sous le nom d'un cousin (un frère en coutume locale).  On ne gagne jamais en Afrique..
A l'usine le thé sera déchargé immédiatement sur des grilles où il sera aéré pendant le temps de flétrissage et la température de flétrissage dont il a besoin.  Tout l'art du théier consiste à maitriser le système du fiétrissage.
A l'origine le thé venait de Chine dans des Clippers qui faisaientie la course pour être les premier à amener leur cargaison à la Bourse de Londres.  Le flétrislsage se faisait automatiquement dans la cale du clipper. Je ne peux  m'empêcher de penser que ce thé devait être infect.
A l'usine chaque production de grille (donc de village) est goûtée.  Le produit que vous connaissez en Europe sous le nom de thé n'a aucun rapport avec le vrai thé, celui qui vient d'être produit la semaine précédente.. Une tasse de thé d'usine et je vous garanti que vous ne risquez pas de dormir.
Le thé est une culture des Dieux. Là où des milliers d'années d'érosion, là où des décennies d'appauvrissement des terres l'ont rendu impropre à la production de toute culture vivrière arrive cette culture merveilleuse, le thé, qui accepte de croître dans ce milieu très défavorable.  Ce n'est pas la seule, le fruit de la passion et la quinine poussent aussi. Il ne faut cependant pas croire que le thé pousse " bien " dans une mauvaise terre, il est comme toutes les plantes, il pousse mieux dans une terre bien aérée et riche (à condition d'être acide), cependant il est d'accord pour laisser les plants de théiers s'installer dans cette terre impossible, ce qui permet d'arrêter l'érosion (un peu), de donner un revenu (un peu) et peu à peu de rendre cette terre fertile.
http://www.tazo.com/tazo.html

Un buisson de thé c'est comme un. chien, vous devez voir du premier coup d'oeil si il est en bonne santé.  Les feuilles ' doivent briller, la couleur doit être juste le ton. de vert voulu, la densité des feuilles, leur orientation, l'angle des branches, tout ceci est un buisson de thé.  On peut même le laisser pousser en hauteur pour en faire de beau coupe vent.  La bonne couleur verte n'importe quel touriste peut la reconnaître et savoir si on a mis assez d'engrais azotés (ce n'est pas tout à fait vrai puisque cela dépend aussi des sulfates), le brillant de le feuille C'est pas difficile, il provient d'un bon équilibre phosphaté, quant à la potasse si on n'en apporte pas les feuilles du bas tombent puisque le théier est forcé de pomper la potasse des vieilles feuilles pour les jeunes.
Le thé n'est pas une culture, c'est une religion.  Tout spécialiste de thé ne parle que d'une chose, de thé, ne pense qu'à une chose, au thé, ne boit qu'une boisson, de la bière ou du café.










Le Directeur de la Station, Ernie, d'un côté n'était pas tellement content de voir arriver cette vingtaine de pensionnaires payants, d'un autre côté cela représentait une vingtaine de sauvages à convertir au "thé".
La première fois que je suis arrivé à notre maison à Kericho, j'ai eu soif et j'ai bu l'eau du robinet, décidément on ne devrait jamais laisser les Européens seuls.  Trente ans après j'ai encore des souvenirs déplaisants de ce verre d'eau, ce qui est compréhensible : pendant nos travaux je devais visiter le lieu où la station de pompage d'eau était installée.

La Station de Recherche sur le thé était adossée à la forêt naturelle "Mau Forest" protégée par le Département des Forêts et toute la journée nous entendions le bruit des haches abattant les arbres, le Département employait le système classique, il faisait abattre la forêt par les agriculteurs, qui en échange de ce travail avaient le droit d'exploiter la terre pendant deux ans.


La pluie est certainement l'amie des plantations de thé, mais très souvent la pluie ne vient pas seule mais accompagnée de grêle qui' hache les feuilles de thé, détruit les bourgeons, en 1 heure vous perdez 15 jours de production.  Les producteurs de thé avaient donc engagé des avions qui traitaient les nuages.  Traiter les nuages consiste à voler à l'endroit où tous les manuels vous disent que c'est le plus dangereux, juste dans l'ascendance sous le nuage.  Nous avions une invitation permanente à venir observer le paysage de l'avion, curieusement nous n'avons jamais profité de cette aimable invitation.
Pour enrichir l'expérience de mes étudiants (et de moi-même) nous avons essayé de creuser des profils depuis les Hauts Plateaux de Kericho jusqu'à la plaine de Kisumu.  Après avoir fait l'aller retour quelques fois, la distance horizontale n'était pas si longue, une vingtaine de kilomètres, mais ma voiture protestait nettement lorsqu'il fallait remonter la pente, j'ai installé deux étudiants dans la plaine, dans une tente.
J'ai déposé mes deux étudiants le matin avec l'équipement mais j'ai du mal choisir l'équipe.  L'un était l'étudiant de l'Ouganda qui avait mené la lutte victorieuse contre Priam, l'autre un bon gros pas très gentil mais pas très doué de Tanzanie.  En revenant le soir j'ai trouvé une tente qui ressemblait en effet à une tente pendant que mon bon gros s'escrimait avec ses piquets et avait réussi à bâtir quelque chose qui ressemblait vaguement à un chameau après une collision avec une locomotive.  Nous remettons de l'ordre dans tout cela.
Le lendemain en revenant j'apprends que mon équipe est allée chercher de l'eau auprès des villageois (qui naturellement leur ont fait payer très cher une eau très sale) et leur ont raconté que la région était connue pour ses serpents qui marchaient sur la queue, presque verticalement et sautaient sur les passants.  Mon bon gros m'a demandé de la poudre anti-serpent à mettre autour de la tente.  Pas vraiment de problème, je suis descendu au village voisin, j'ai acheté de la poudre à laver, je l'ai rempaquetée dans un sac en plastique et je l'ai donné à mon équipe.  Ce n'est que quelques années plus tard que j'ai commencé à me demander si ce n'était pas mon équipe qui avait été la plus futée et moi l'idiot qui se fait avoir.
Si le Directeur de la Station Théicole m'a donné l'amour du thé, il m'a surtout donné ce qui a été la clef de la compréhension de la fertilité des sols.
Le thé est une plante très particulière, la plante ayant des racines allant très profondément, mais aussi des racines latérales avec des radicelles qui remontent verticalement vers l'humus en décomposition.  Avant le Directeur on avait l'habitude de désherber avec une houe, le résultat étant que ces radicelles vitales pour la nourriture du thé étaient détruites et que la couche superficielle disparaissait.
Pour le désherbage ils utilisaient du gramoxone qui a la couleur du Coca-Cola et ils avaient malheureusement découvert qu'une bouteille de Coca-Cola pleine de gramoxone correspondait à la dose nécessaire à un pulvérisateur.  Dangereux, dangereux !!!
Le Directeur décida de laisser les produits de taille du théier sur place entre les rangs et de désherber au produit chimique.  Le résultat c'est qu'au bout de 6 mois en poussant avec précaution les branches en décomposition on pouvait voir les radicelles qui montaient dans l'humus.  L'avantage était encore plus grand que prévu car entrant en contact avec la terre rouge, ils étaient bloqués et devenaient inaccessibles aux plantes, alors qu'avec la couche de feuilles et d'humus l'engrais restait disponible pour les plantes.  Résultat: des rendements magnifiques.
Nous avons fait beaucoup de mal dans l'agriculture villageoise africaine avec nos méthodes visant à "nettoyer" le sol de toutes mauvaises herbes, la couche superficielle, la plus riche, devient sèche, friable, inaccessible aux racines et tout va mal.
Le raisonnement ne vaut pas que pour l'agriculture africaine, une analyse chimique d'un sol européen montre en général que la couche la plus riche est la couche la plus superficielle qui est aussi la couche qui sèche le plus vite et le plus fréquemment, rendant les éléments nutritifs inaccessibles.  Mon professeur de physique des Sois à l'Université avait déjà bien vu cela et cherchait à maintenir active la couche fertile en la couvrant de grosses mottes de terre, à la limite ce qu'il faudrait avoir en surface, ce sont de beaux cailloux bien plats.  Quel agronome européen osera dire à un fermier que ses cailloux valent une fortune ?
En bons agronomes européens nous avons essayé de nombreuses fois d'apporter du calcium et de supprimer les engrais acidifiants, avec un seul problème : le théier n'était pas d'accord.  Lui préférait le sulfate  d'ammoniac.  Presque toutes nos terres manquaient de soufre (ce qui donne un thé pale) et de zinc (ce qui donne une feuille en faucille).
Pour ceux qui s'inquiéteraient de l'écologie, il faut se rappeler que le thé est une culture d'exportation, tous les 10 jours les feuilles, partent à l'usine, il faut donc compenser les pertes d'éléments nutritif :
Si vous êtes vraiment préoccupés d'écologie sachez que la meilleure manière d'assurer un très bon thé était de laisser sur place les chutes de la taille du théier ; Comment faites vous faites vous pour laisser de bonnes branches bien sèches dans le champs dans un pays où le manque de bois de feu est un problème de chaque jour ? En plantation la solution est facile, c'est la plantation qui fait pousser des eucalyptus et fournit (gratuitement) au personnel te bois de feu.  Chez le petit paysan, faire pousser du bois de feu est possible, si on comprend bien  cela sous entend diminuer la surface agricole.


Les agriculteurs plantaient aussi du thé dans leur shamba (ferme) et là c'était une toute autre histoire qu'à la plantation, la raison en étant très simple.  Vous êtes payé à la quantité récoltée, la famille à toujours besoin d'argent, le bon sens vous dit donc de récolter toutes les jeunes pousses, tout autour du buisson, pas seulement celles de la table de coupe.  Le résultat était une production faible, du thé de très mauvaise qualité, de l'érosion.  Comme le bois de taille était ramassé pour le feu, la terre n'était pas protégée de ('érosion, n'étant pas protégée la couche humifère disparaissait et les engrais perdaient leur efficacité.  Les rendements baissant il fallait donc encore récolter plus de pousses par buisson et le champ allait rapidement vers sa mort précoce.
Nous habitions à la Station, Centrale de Recherche sur le thé.  Le fait que les grandes Sociétés Théicole n'avaient pas mise toute les bonne volonté nécessaire devenait évident lorsqu'on voyait que le Tea Research Instituts était au pays le plus haut de la région de sorte que les résultats n'étaient pas directement transférables aux exploitations situées plus bas.
Par contre nous étions au bord de la forêt domaniale " Mau forest " forêt domaniale cela suggère l'idée d'une forêt protégée.  Quel était donc ce bruit bang bang bang qu'on entendait toute la journée?  C'était les fermiers qui abattaient les arbres avec l'accord des forestier.  Tout le monde y trouvait son compte, les agriculteurs qui avaient le droit de faire pousser une culture de maïs puis ensuite étaient expulsées par les forestier qui reprenaient le maïs à leur compte.
Nous avions une vraie maison d'anglais  Tout était construit de manière que le Service puisse se faire sans que les " maîtres " soient dérangés.  Comme maîtres mon chef et moi nous ne devions pas être très dérangeants, lui comme moi estimant qu'une boite de sardines faisait un très acceptable repas et que pour les jours de faste il y avait le pain et la margarine.  Si vous avez eu un petit déjeuner anglais avec pain, oeufs, lard, confiture, une journée n'était pas de trop pour digérer.

Nous avons bien essayé d'acheter de la viande Pour cela il fallait aller à la ville de Kericho mais que vouliez vous que nous fassions contre les " dames " anglaises qui achetaient chez le boucher indien depuis des années. Mon patron et mon quoi que nous commandions, recevions une viande abattue le matin même, le filet était réservé à la même dame des années à l'avance, la seule chose qu'on pouvait faire avec cette viande c'était du " stew ", (du pot au feu), si on faisait cuire la viande avec tous les restes possibles et qu'il soit impossible de reconnaître quoi que ce soit dans le pot, alors c'était bon.
Une belle maison, comme toutes les maisons anglaises prévue pour être construite à Casablanca ou Tunis, certainement pas dans un climat froid.  La chaleur était assurée par un foyer ouvert dans le salon..
A un moment nous avions pensé à introduire pour les huttes les lampes néon 12 volts chargées par des panneaux solaires.  Heureusement que nous n'avons pas pu réaliser ce projet, la lumière attire les moustique et il n'y a plus la fumée pour les chasser.
Nous avons demandé du bois de chauffe au régisseur et, miracle dans la journée nous en avons reçu.  Pour les anciens on livre du bois coupé 6 mois plus tôt et séché pendant des mois.  Pour les nouveaux on livre du bois d'eucalyptus coupé la veille.  Nous avons essayé d'allumer le feu avec du petit bois et des allumettes, puis avec des cartonnages, mon patron à même essayé du gin local, rien à faire, le bois se contentait de bouillir en crachant, certainement pas en produisant de la chaleur.  Finalement même nous avons compris la solution africaine, nous avons volé du bois bien sec dans la maison mitoyenne des anglais et ainsi quand le feu brûlait bien nous pouvions aussi brûler nos bûches à nous.  De  toute façon ça ,sera  le jardinier du voisin qui serait accusé du vol.
La boisson normale est soit de la bière, soit du thé.  Vous pouvez si vous insistez boire de l'eau, enfin ce qu'on appelle de l'eau.  Ce produit est déjà sale à l'origine et son. passage dans de vieux tuyaux biens rouillés puis son stockage dans des vieux réservoirs jamais nettoyés va en garantir la richesse, pas la pureté.  C'est ainsi qu'on prend l'habitude de boire soit d'énormes quantités de bière (lui, pas moi) soit d'énormes quantités de thé (moi, pas lui).
L'eau est d'abord bouillie, de préférence une dizaine de minutes (si vous l'oubliez sur le feu. toute la nuit, le lendemain, il reste une espèce de  galette  au fond de la casserole, la galette et la casserole étant bons à jeter),.  Après avoir été bouillie l'eau est filtrée dans une espèce de double casserole avec une bougie en argile qui assure le filtrage.
Lorsque vous êtes en mission, trouver de l'eau et produire de l'eau consommable est le problème majeur.  Vous avez vu les astronautes prendre une douche avec le contenu. de deux tasses d'eau, c'était pareil pour nous. Pourtant à fa fin d'une journée de travail vous êtes si sale que vous pensez plus à vous laver qu'à manger ou dormir.  Lorsque vous travaillez, vous tenez toujours un oeil sur le bidon d'eau, vous savez que dans la journée il faut compter de 4 litres par personne, au début de la journée vous avez l'impression d'avoir plein d'eau, vers 15 heures vous vous demandez où est passée toute cette eau.  Et vous regardez votre collègue d'un sale oeil.  L'eau ça abîme facilement l'amitié.
Mon patron avait tout de suite assimilée la coutume locale, il avait une outre en  peau accrochée au rétroviseur, de sorte que  nous avions toujours de l'eau fraîche à boire.
Pour notre matériel, haches, coupe coupe, cordes, seaux, pics, pelles pioches nous n'avions pas tellement le choix,, il fallait acheter chez l'unique quincaillier (indien) de Kericho.  A chaque fois qu'il fallait acheter quelque chose, par exemple un panga, (coupe coupe) il vous offrait deux modèles, un à 45 shillings, un à 100 shillings, ils avaient l'air exactement pareils, lorsque vous demandiez la différence, celui à 45 shillings était " Made in Kenya " l'autre à 100 shillings était Made in England ". Cela valait la peine de payer plus chère.  Essayez donc de couper du bois avec un panga Kenyan !!! . En Zambie tes cérémonies Officielles se déroulaient devant une statue représentant un homme brisant une chaîne ; les mauvaises langues appelaient cela " Made in Zambie ".
La seconde année en revenant chez le quincaillier indien, au moment de payer j'ai dit, pour respecter l'humour gaulois, " et vous me faites les mêmes 15% de rabais que l'an. dernier n'est ce pas ? " J'ai cru que le quincaillier allait en devenir malade : j'ai eu droit à un bref discours de 15 minutes sur la dureté des temps et j'ai bien peur qu'il ait passé toute la nuit à vérifier ses livres de comptes de l'année dernière pour être sur qu'il n'avait pas eu un moment de faiblesse où if nous aurait fait un rabais.
Cet homme d'affaire qui, connaissait tous ses prix au centime près, ne faisait jamais de crédit, cet homme d'affaire réussissait à se laisser attendrir par le prêtre catholique irlandais qui achetait tout à crédit En échange Father Randles ne dormait pas la nuit.  Je crois que la vie d'un prêtre en Afrique est ainsi faite, l'église lui donne généreusement l'autorisation de bâtir une église et lui doit se débrouiller pour trouver les fonds.  Encore que father Randles n'était rien à coté du prêtre néerlandais de Kisii, Father Randies ne devait plus payer que le toit de l'église, le prêtre néerlandais devait lui payer deux églises bâties à crédit et cela le faisait rire.
Une ville comme Kericho c'est une grande rue, un rond point, 2 transversales, une route allant vers Kisii et une route descendant dans la vallée du lac Victoria aussi appelé lac Nyanza.  Et comme dans toute ville qui se respecte un bar fournissant tout ce que la clientèle peut désirer en plus de la bière, le " Blue Moon " qui devait devenir le quartier général de mes étudiants. La prison et les prisonnier fait automatiquement partie de la ville.  Pour l'hôpital ce n'était pas trop mauvais puisque les plantations pouvaient le maintenir en bon état.  Et des églises et des églises et des églises.
Nous avons essayé de faire partie du " club " local., club fonctionnant avec le golf.  Grace au régisseur de la Station nous avions obtenu le droit d'entrée.  Nous entrons avec quelques uns de nos étudiants, les membres assis autour de leurs tables nous regardent en coin sans nous regarder, pas un mouvement, pas un geste d'accueil, nous allons au bar (que faire d'autre ?), nous commandons les bières (que commander d'autre ?) puis au bout de 10 minutes de conversations chuchotées un des membres vient vers nous et nous fait remarquer poliment que ceci est un Club Privé.
Ces clubs luttaient pour préserver l'atmosphère anglaises mais étaient pris dans un problème insoluble, que faire avec les notables " indiens " de la ville ? Ils n'avaient pas vraiment le choix à moins de vouloir être totalement "segregated" et surtout ne pas avoir d'argent, donc un notable indien devient membre, puis un autre, et à ce moment l'irrévocable est arrivé.  Le premier indien propose de nouveaux membres (indiens), le second indien seconde la proposition et rapidement toute la communauté indienne à pris le commandement du Club.  Cependant cette histoire n'a pas de morale, car dans les années à venir, les " indiens " pourtant possesseurs à la fois de la nationalité Kenyane et du passeport du Commenweaith devaient se faire expulser du pays l'un après l'autre.
Mes étudiants ont résolu le problème du Club en établissant leur quartier général au " Blue Moon ", le dancing local.  L'avantage du Blue Moon c'est que je sais toujours où trouver mes étudiants, le désavantage , que je n'ai jamais trouvé comment les faire sortit du Blue Moon.  En bon suédois que je suis, si ils n'étaient pas au rendez vous je partais après 5 minutes d'attente, ce qui représentait 15 km à faire pour eux pour revenir à la Station.  Notre incompréhension était totale, un rendez vous à 10 heures du soir pour un suédois cela veut dire 22:00 heures, pour eux cela veut dire ce soir ou demain matin, selon l'état de la bière et des finances.
Après la paie les ouvriers des plantations venaient aussi se rafraîchir en ville, des gargote vendait de l'alcool de bois très bon marché.  Les gargotiers ajoutaient l'insulte à l'abus en faisant des piqûres " miracles " qui devaient prévenir la cécité occasionnée par l'alcool de bois, injection qui consistaient au mieux en eau bouillie, au pire en eau pas bouillie.
Le lundi matin lorsque je roulais de la station à la ville je devais slalomer sur la route pour éviter les ouvriers qui avaient trouvé plus pratique de faire un petit sommeil. sur la route au retour du bar.
N'ayant pas vraiment trouvé un accueil chaleureux au Club, mon patron et moi avions tendance à considérer le Kericho Tea Hotel comme notre résidence principale.
Le Kericho Tea Hotel est complètement disproportionné à la ville, C'est un Hotel construit par les plantations pour leurs besoins.  Grand château en pierre, pelouses impeccables, feu de bois dans le salon.  Dans le couloir après la réception une vitrine expose les " mouches " proposées pour la pêche.  Je ne sais pas comment on peut accepter de lancer de pareilles oeuvres d'art dans l'eau, d'un autre coté il était triste de penser que des oiseaux étaient abattus uniquement pour 4 plumes d'une couleur ou d'un soyeux unique.
Pour dîner on s'habille, ce qui posait nous posait quelques problèmes, avec mon patron nous avions toujours les mêmes vestes et pantalon de safari et les mêmes chaussures de terrain.  Dans notre cas la veste safari ce n'était pas du snobisme, c'était vraiment parce que c'est le vêtement le mieux adapté et le moins cher pour travailler.
L'Hotel aurait préféré veste et cravate, mais du moment que nous n'arrivions pas en short nous étions acceptés.  Nous avons ainsi eu le plaisir de rencontrer un anglais qui continuait à vivre dans le vieux style de l'administrateur colonial et venait au Tea Hotel avec le casque colonial, le short (impeccable) et les chaussettes longues, tellement sûr de lui que nous avions l'impression que c'était nous qui étions déguisés.
Je n'ai pas vraiment compris la première fois pourquoi mon patron amenait deux larges mouchoirs lorsque nous sommes aller dîner au Tea Hotel.  Après les boissons (2 litre de bières) de préparation, nous passons dans la salle à manger.  Le  maître  d'Hotel aurait fait fortune  en France.  Homme âgé, la soixantaine africaine, port droit, peau noire grise, visage impassible et grave ( le voyant je comprends pourquoi Bertie Wooster tremblait devant Jeeves), mon patron me conseille le curry avec le traditionnel dialogue  :
·     Le curry n'est pas trop fort n'est ce pas? "
·     Certainement pas, Monsieur, il est au goût européens "
Le curry arrive, et après quelques bouchées j'ai vu le patron commencer à sortir les mouchoir pour essuyer la sueur qui coulait sur la nuque.
Après beaucoup de petits morceaux de banane et de noix de coco (non la banane et la noix de coco ne sont pas là comme un fruit mais comme un extincteur) pour éteindre le feu du curry nous pouvons nous attaquer au fromage.
Avec le dialogue traditionnel
·     Est ce que ce fromage est fort et a du goût ?
·     Bien sur Monsieur, délicieux fromage très fort
Et on nous apporte les traditionnels crèmes baveuses et plâtreuses totalement sans goût tenant lieu de fromage.  Ceci ne veut en aucun cas dire que les fromages anglais ne sont pas bon, cela veut dire qu'il est très difficile de conserver proprement les fromages.  En Zambie l'ambassade de France, pour le 14 juillet, avait fait venir par avion un énorme Brie (surgelé).  Si on ne savait pas que cela devait être du Brie c'était mangeable.  Comme le vin rouge était aussi mauvais, l'ensemble était acceptable. De toute façon l'ambassadeur ne nous adressait pas la parole, cela lui évitait les commentaires.
Lors de notre premier voyage sur la côte Est, à Malindu, là où tous les touristes scandinaves et germaniques venaient en hiver, là où les femmes portent un coussin sur le derrière, sous le pagne pour améliorer ligne, Annie et moi avons dans un moment de débauche remplacé la boite de sardine par un déjeuner dans un restaurant local.  Après un dialogue instructif avec le patron, vu qu'il ne comprenait pas notre anglais (ni notre Swahili) et que nous ne comprenions rien à ce qu'il disait, il semblait bien que nous ayons commandé du curry ??
Un poisson arrive (un poisson pour deux ?) avec une espèce d'assiette creuse avec du jus brun.  Bon on ne peut rien dire, pour le prix que nous payons, c'est vrai que ça ne doit pas représenter plus qu'un poisson, même si c'est pour deux.  Nous mangeons donc notre demi-poisson, probablement trempé dans le jus, l'assiette est enlevée, nous attendons pour payer, arrive de la viande de chèvre.  Est ce que nous avons vraiment commandé de fa viande de chèvre avec de la sauce rouge ?
Nous mangeons donc notre chèvre trempée dans la sauce, les assiettes sont desservies, nous attendons pour payer, alors arrive une assiette avec du poulet et une sauce brune.  Je veux bien qu'au Kenya du poulet c'est pas comme du poulet de Bresse.  C'est de l'os avec de la peau, et si par hasard il y a de la chair entre la peau et l'os c'est que vous avez gagné le gros lot.  Donc nous mangeons nos poulets, puis ayant appris notre leçon nous attendons et en effet arrive les légumes et les boulettes et je ne sais plus quoi, tout cela avec fa sauce rougeâtre.  Nous ne savons toujours pas si nous avions commandé du curry.
Mon père et ma mère ont aussi habité au Kericho Tea Hotel, avec plaisir. Pour revenir à Nairobi ils ont pris le taxi, j'avais seulement oublié de leur expliquer ce que c'est qu'un taxi au Kenya. Lorsque la Peugeot Taxi est arrivée à l'Hotel et que papa a vu dedans, le chauffeur (ça semble préférable) plus 6 personnes et leurs bagages, il a exprimé quelque perplexité quant à la possibilité d'ajouter encore 2 personnes de leur qualité dans ce taxi.  Maman ne s'inquiétait pas de fa place du taxi, ayant la diarrhée comme tous les touristes, elle avait d'autres soucis.  Je crois qu'ils sont arrivés à Nairobi. Est-ce qu'il ont été pris par la cérémonie du drapeau?
Tous ces détails en fait me permettent de retarder le moment où je dois décrire la traîtrise de prêtre belge, par la faute de qui notre Kombi devait finalement rester à l'hospice des enfants handicapés de Kericho.
Voici donc un bref résumé de cette atroce et horrible histoire: Annie avait été informée de la présence d'un prêtre belge à Kericho.  Nous nous sommes dit que cela ne ferait pas de mal pour lui et pour nous de faire une pause francophone, nous avons donc demandé l'adresse de la maison des prêtres, c'était à 2 km de la Station, pratiquement des voisins, nous y allons dignement dans la Land Rover, nous arrivons chez les prêtres, nous demandons si nous pouvons rencontrer le prêtre beige, on nous répond gentillement que non, vu qu'il n'y a pas de prêtre belges mais est ce que des prêtres irlandais ne pourraient pas faire l'affaire ? La réponse ayant été faire en irlandais anglais par un jeune prêtre ayant un défaut de prononciation, c'est après conciliabule que   Annie et moi sommes arrivés à cette traduction,
Des prêtres irlandais, c'était là une espèce qui nous était totalement inconnue. C'est ainsi que nous avons eu la grande chance de connaître ces français qui parlent anglais qu'on appelle irlandais. Father Randles était le plus agé.  Son collaborateur était Paddy Gallagher. Cela sera le début d'innombrables tasses de thé avec eux.
Leur Centre religieux était situé à Kipchimchim, on ne peut même pas appeler cela un village, c'était quelques maisons ou un croisement de chemin à quelques km de Kericho.  Le Centre c'était bien sur l'église, mais aussi, peut être pour nous surtout l'école et le centre pour les enfants handicapés physique.  C'est incroyable le nombre de personnes qu'on rencontre qui sont handicapées par ce qui ne peut être que des séquelles de poliomyélite.  Plus inquiétant est le fait qu'on rencontre si peut d'enfants handicapés mentaux.  Chaque village semble avoir son " simplet " qui joue le rôle du fou du roi du village.  Lorsque vous arrivez en voiture, le simplet commente votre voiture, puis lorsque ce sujet est épuisé et que la village a bien ri, il commente tout ce que je fais, et, si je tombe sur un bon simplet de qualité, j'aurais droit à une imitation de tout ce que je fais.  Plus embêtant est le simplet qui après sêtre admiré dans les rétroviseurs, se met en tête de les arracher.  Donc peu de handicappés mentaux, la raison je le crains est celle qu'on peut supposer.
L'école, il ne faut pas penser que c'est une école comme en Europe.  Une école c'est un bâtiment, des bancs, un tableau qui il y a bien longtemps a été noir, un bureau sans tiroirs, une chaise pour le maître d'école.  Pas de fenêtres, des trous dans le mur.  Une porte, oui.  Dans la cour un mât avec le drapeau national.  Avant le début des cours les enfants et (es enseignants se réunissent et chantent l'hymne national pendant qu'on hisse le drapeau.
Pour les classes, pas de livres, pas de papier, pas de crayons, au mieux un maître d'école qui arrive. à écrire sur le tableau des phrases ou des chiffres qui seront répétés par les enfant.  Quant aux enfant if faut penser qu'ils ont couru peut être 3 où 4 km pour arriver à l'école, en général sans rien manger te matin (qu'est ce qu'ils pourraient bien recevoir à manger ?), qu'ils vont avoir 4 heures de cours, qu'ils vont courir ma même distance pour rentrer à la maison où ils recevront un peu de bouillie de maïs et les jours de chance soit du haricot, soit un peu de poisson séché.
A Kipchimchim la situation est meilleures, Father Galiagher et Randles arrivent à trouver un peu d'équipement.  Lorsque notre projet à quitté le Kenya nous avons eu la chance de pouvoir donner au Centre toutes les tables, les lits, les matelas, les tasses, chaises que nous avions.  Etant très respectueux de l'Organisation suédoise qui nous finançait, nous avons obtenu l'autorisation de faire ces dons puisqu'ils l'Organisation ne nous l'avait pas interdit.  Des esprits chagrins ont fait remarquer après que l'Organisation suédoise aurait peut être dû être informé, mais ça c'est du petit légalisme pointilleux.
Grâce à mon Kombi j'étais en bonne forme physique puisque je passais tout mon temps à pousser la voiture pour la faire démarrer. tout cela parce que mon épouse considérait quelle devait donner l'exemple aux femmes kenyenne dans leur lutte pour leur indépendance, ce qui impliquait ne pas pousser la voiture.
Kipchimchim c'est aussi un terrain de sport, c'est à dire un bout de colline sans arbres où une piste de 400 mètres est vaguement dessinée dans l'herbe.  Nous avons assisté à une fête sportive qui réunissait toutes les écoles, tous les villageois jusqu'à 50 km à la ronde.  Quelques policiers tournaient autour de la piste, une badine à la main et tapaient sur toutes les jambes qui essayaient de dépasser la limite de la piste.  A cette altitude là mon patron considérait que la limite d'un grand effort physique était celui qu'il fallait faire pour porter le verre de bière de la table aux lèvres.  Ayant vu ces sportifs en 1970 nous ne pouvions pas être étonnés de voir dans la décennie suivante les athlètes kenyans gagner tes courses dans le monde entier.
La fierté personnelle de Father Randies c'était ses 3 moutons.  Le mouton de ce temps là devait avoir une énorme queue qui n'était qu'un gros tas de graisse.  C'était le morceau convoité, le morceau de choix.  Cela ne doit pas surprendre lorsqu'on sait quel problème c'est pour une famille africaine que de trouver de la graisse où de l'huile.  Par contre c'était un sujet de grand étonnement pour (es locaux de voir que nous les blanc faisions tomber la queue des moutons en attachant un élastique autour de la queue.  La raison en est une question d'hygiène, des mouches venimeuses pondant des oeufs sous cette queue.

Fourty years later in the Republic of South Africa, the work was going on:

To the right, Father P. Gallagher
patgallagher@worldonline.co.za

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Une poule africaine est tellement mal nourrie qu'on peut l'écraser avec une voiture, elle est tellement maigre qu'il se relèvera derrière la voiture.
Si on parle des animaux africains, il faut aussi parler des éternelles poules, qui ne donnent pas d'oeufs.  Les raisons en sont multiples, une étant qu'elles sont tellement mai nourries qu'elles n'ont vraiment pas la force de pondre, l'autre étant de nature chimique, où voulez vous que les poules trouvent le calcium nécessaire pour la coquille de ('oeuf ? Le manque de calcaire est un drame constant pour toute activité agricole.  Le manque de calcaire est facile à expliquer, faites lessiver les sofs par des pluies chaudes pendant un ou deux millions d'années, tout ce qui peut être dissous sera lessivé et transporté vers la mer.  On le voit si bien en survolant Madagascar qui ressemble, vu d'en haut, à une immense brique qui aurait été bombardée.

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