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Les Engrais
Les Engrais

Une capsule de coca-cola, c'est suffisant
Tout ce que je sais et que j'écris je le dois à mon patron, Michel Mathieu, Directeur du Service Engrais à la FAO,  puis à son successeur, Hans Braun. Eux, ce sont des géants!

Sans Teddy Chan et Claude Finsinger, tous deux de la FAO, je n'aurais jamais été capable de faire mes premiers pas.


Mon intérêt à moi c'est de faire vivre la Terre. Pas la terre qui est bien ronde sur les cartes, mais la vraie, celle qui est bien sale et sous vos pieds.
Seulement ce qui aujourd'hui est un lieu commun, en ma jeunesse était une farfulaterie, je ne trouvais même pas d'école pour apprendre comment protéger les sols.
 Alors j'ai choisi l'Ecole Agricole comme la voie la plus proche pour faire ce que je voulais. De toute façon j'avais toutes les qualités pour devenir un spécialiste agricole avec un grand-père marin qui a vécu sur l'océan en fond de cale de son navire sans jamais voir la mer, avec un père qui rêvait de vivre dans la forêt et se trouva à être le Directeur d'une Usine de fabrication de ventilateurs industriels.
Cela donne une certaine humilité dans le travail et une grande habitude de se taire lorsque étant expert agronome censé former les autres, vous ne savez même pas si ce truc qui pousse devant vous c'est du blé ou de l'orge.
Je me suis réfugié dans une connaissance des sols et puisque mes professeurs ne connaissaient rien au sols mais étaient de grands spécialistes de la chimie des sols, je fus un acceptable connaisseur de la fertilité des sols.
Comme cela, d'ignorance en hasards je devins spécialiste international de la fertilité des sols et je ne devais pas être si mauvais que cela puisque j'ai même réussi à comprendre que c'était une grande plaisanterie scientifique, mes collègues proféraient avec conviction des affirmations pour le moins douteuses.
Le gros avantage des engrais est que quoique vous fassiez, finalement la plante haussera les épaules et produira quelque chose, et avec un peu de chance, encore plus qu'avant.
Même dans le monde des engrais vous trouvez des gens tout à fait biens. Mon patron me raconta qu'à sa première entrevue d'embauche, son employeur lui montra une feuille rouge en lui disant:
" Voici une feuille bleue, quelle est la couleur de cette feuille ? "
Devinez quelle est la bonne réponse ?
Mon père qui trouvait cette idée de faire de l'agriculture une honte totale se démena pour me trouver un stage, avec le résultat que je me trouvai dans quelque chose auprès de quoi le goulag soviétique était une douce rigolade. Et pourtant mes patrons devaient avoir un sacré sens de l'humour. Arrivant là, de l'Ecole Royale Dentaire (en Suède, selon moi il faut échouer à l'odontologie pour faire un bon agronome, mais c'est mon opinion personnelle), donc arrivant à la ferme, le sous-chef du sous-chef me dit que ce matin-là j'allais enlever les bouses de sous les vaches.
Avec cet à-propos qui ne devait jamais me quitter je posais la bonne question technique :
<< C'est quoi des vaches ?
<< de quel côté sont les bouses de vaches ?
Il paraît qu'on en parle encore, 50 ans après. Je suppose que j'ai été protégé par les lois défendant les faibles d'esprit.
En Afrique (terme tout à fait impropre mais on fera avec) les rendements sont les mêmes que ceux que nous avions au moyen-âge en Europe, vous semez 100kg de graines, vous récoltez au mieux de 500kg à 1000kg. Et souvent vous ne récoltez rien.
C'est facile à comprendre, vous demandez à des plantes de pousser sur une terre qui a la fertilité d'une brique car elle est vieille de plusieurs centaines de milliers d'années, sinon de millions d'années. La terre ne contient plus rien sinon du fer, de la silice et de l'aluminium, ce qui ne fait pas vraiment un bon repas.
 

En Afrique lorsque vous "avez " quelque chose, nombreux sont les "autres" qui veulent partager avec vous. Si vous récoltez 5 sacs de maïs, vous êtes heureux si les rats n'en mangent pas plus de 1 sac. Les rats sont la partie visible, il faut aussi tenir compte de la famille! Si vous avez le malheur d'obtenir une bonne récolte, c'est incroyable le nombre de personnes qui appartiennent à votre famille et que vous devez nourrir. Vous vous consolez en pensant que l'année prochaine vous aurez peut-être une mauvaise récolte et que vous mangerez la leur.

Après toutes ces années passées à enseigner aux autres comment utiliser l'engrais, je n'arrive toujours pas à comprendre comment quelques petites boules qui remplissent tout juste une capsule de coca-cola (en fait une capsule de bouteille de bière) peuvent suffire pour doubler ou tripler vos rendements. Si peu et vous obtenez tellement.
Mes agriculteurs produisaient moins de 1000kg de maïs à l'hectare c'est à dire 12 sacs. Avec 12 sacs vous n'arriviez pas à boucler l'année.
Question évidente : Pourquoi ne pas cultiver 2 hectares alors ?
Réponse non moins évidente : parce que la femme n'arrive pas à travailler plus d'un hectare. Essayez de biner un hectare, vous verrez le temps qu'il vous faudra et l'énergie que cela demande. J'ai essayé et j'ai été ridicule, lorsque j'avais fait un billon, très mal, l'agricultrice en était à son troisième et elle était beaucoup moins fatiguée que moi.
Question évidente : Pourquoi est-ce que le mari ne travaille pas les champs ?
Réponse évidente : la question est stupide.
Il faut donc produire 2500 kg de maïs sur un hectare d'une manière ou d'une autre et la seule manière c'est l'engrais.
Si par miracle vous arrivez à produire un peu plus que ce que vous aller manger, alors vous allez pouvoir louer des journaliers et vous pourrez cultiver 2 hectares et alors vous aurez beaucoup plus de grain et vous ferez du bénéfice et vous pourrez louer des journaliers et cultiver 4 hectares.
Là vous ajoutez, parce que vous ne comprenez rien, que cela va continuer indéfiniment, mais pas du tout, lorsque vous aurez un bon bénéfice et une bonne sécurité, le mari va décider qu'il veut acheter une radio cassette (il n'y a pas d'électricité, pas de programmes radio) tout le bénéfice va disparaître et vous êtes de retour avec un hectare et la faim au ventre mais un poste de radio totalement inutile.
Parce que vous ne comprenez rien, vous blâmez le mari qui a acheté la radio. Lui sait parfaitement que s'il a du surplus apparent, les représentants du Parti (unique) vont venir lui demander sa contribution "libre et volontaire" au Parti. Incidemment le risque que la contribution rentre dans les caisses du Parti est infime.
En fait, il est très facile d'accroître les rendements chez les petits fermiers. Si moi j'y arrive c'est que ce n'est pas difficile, à un détail près : comment acheter le premier sac d'engrais lorsqu'on ne possède rien ?
La solution évidente est de se le faire offrir. Comme toutes les Agences de Développement semblaient n'avoir qu'une passion dans la vie, octroyer des "prêts" aux agriculteurs, cela ne devait pas être bien difficile. Nous tombions tout de suite dans un problème sémantique. En Afrique un "prêt" est un don, c'est une manière polie et civilisée de donner à celui qui ne possède pas. D'où la totale incompréhension lorsque l'année d'après l'Agence demanda le remboursement du "don/prêt".
La séquence filmée qui suit est d'un réalisme  et d'une cruauté telle que nous recommandons à nos (fidèles) lecteurs d'éviter que leurs enfants y aient accès. Cette séquence est due au crayon d'un reporteur qui a risqué sa vie pour la prendre au vif.
Nous mettons donc une zone d'avertissement
Début de la séquence vérité filmée par caméra cachée.
 

Figure 1 : Transporter 2 tonnes dans une voiture de 500kg !!
En fait, on avait un contrat avec un camionneur mais ayant fait la bêtise de lui donner de l'argent pour faire le plein, il a préféré partir faire des déménagements pour les copains. Reste la voiture de Service.
 

Figure 2 : au déchargement l'homme est là, pour 10 mètres
Au déchargement les hommes sont là, on ne sait jamais, si on pousse assez fort et qu'on crie assez fort, le Conseiller va se tromper dans ses comptes et on pourra repartir avec une double ration.
Figure 3 ayant fait son travail il se repose et réconforte.
Au détour de la route les enfants sont là pour porter les sacs. Grâce à un manque d'instruction mathématique il ne voit pas du tout quelque chose de curieux de demander à des enfants de 20kg de porter des sacs de 50kg. Après tout, sa femme porte bien les sacs de la récolte qui font 90kg.
Figure 4 : les enfants sont là pour travailler, non ?
Les enfants trouvent ça marrant et puis à part des coups et des corvées à faire, qu'est-ce qu'ils ont connu d'autre ? Puis, même et surtout à cet âge on sait très bien ce que c'est que d'avoir faim.
Figure 5 ; Dans le meilleur des cas l'engrais arrivera au champ
Tout le monde ayant fait son (minimum) de travail, qui c'est qui s'y colle maintenant ? La femme bien sûr. Et vaut mieux qu'elle travaille vite car il y a encore le bois à ramasser, l'eau à aller chercher, le maïs à emprunter à la voisine, les herbes à cueillir pour donner du goût au maïs, le repas à préparer, ne rien voler de la bouillie car alors elle se fait battre. Le pire ? Aucune plainte, même en son cœur. C'est ça la vie d'une femme.
Tous malheurs oubliés, c'est une bonne affaire pour le ventre, pour le porte-monnaie, pour la réputation de l'agriculteur et de la mienne.
Figure 6 : un sac de payé, 4 récoltés
Les engrais c'est simple : lorsque vous avez faim, que vous mangiez des bananes, des haricots, des pommes de terre, du riz, cela n'a pas d'importance tant que vous recevez à manger.
C'est un peu la même chose pour les plantes. Sur les sols où on voudrait que le maïs pousse, il n'y a strictement rien sauf des éléments très toxiques pour les plantes comme de l'aluminium liquide. Donc il n'est pas nécessaire d'être un  grand spécialiste pour faire des recommandations : vous achetez l'engrais le moins cher possible, vous le transportez chez l'agriculteur, vous lui dites de mettre la valeur d'une capsule de bière par plant de maïs au semis et la même chose lorsque le maïs arrive en dessous du genou. Si par-dessus le marché il désherbe son champ vous avez la garantie d'un rendement doublé deux fois.
Mais ça serait trop simple si on laissait les bonnes choses se faire bien tranquillement ; il faut des experts, des gens comme moi mais qui se prennent au sérieux.
Il faut déterminer par des essais très onéreux la réponse à deux questions :
Quelle est la quantité d'engrais à recommander ?
Quels sont les meilleures proportions entre les éléments nutritifs ?
Les deux questions sont idiotes mais permettent d'écrire d'énormes rapports avec de très belles courbes et ainsi d'obtenir son doctorat et ainsi de voyager à des séminaires pour expliquer aux autres experts (stupides par définition) pourquoi ils ont tort et pourquoi j'ai raison.
Peut-être que le seul plaisir de ces congrès est qu'en général on y rencontre un anti-engrais croisé de bio-agricole. Pour l'anti-engrais, l'utilisation des engrais est un empoisonnement, il n'est pas certain de comment mais il sait que c'est vrai puisque l'engrais sort d'une usine. Le fait que la plante soit totalement indifférente à l'étiquette de l'emballage ne semble pas influencer ce militantisme.
La plante, elle, veut de l'azote, de l'azote tout simple, des phosphates les plus simples possibles, si elle veut de la potasse qui elle est 100% produit des mines sans aucun traitement, reste à voir.
Alors faut trouver autre chose.
 
Figure 7 : Partageons nos points de vue calmement
Dès le début de la réunion le bio-bio et le méchant-méchant savent qu'ils ne trouveront aucun terrain d'entente, ils se rencontrent depuis des années, les arguments sont connus et ne changent pas d'une année à l'autre et chacun de nous est persuadé que l'autre est débile, sauf que moi j'ai raison.
Lorsque vous travaillez sur les terres épuisées votre plus cher désir est de trouver quelque chose d'organique à donner à la terre car il ne reste absolument plus de matière organique. Pas de chance, toutes les parties aériennes du maïs sont toxiques et ne peuvent pas vraiment être compostées telles quelles. Alors on voit avec désolation les agriculteurs brûler tout ce qu'ils peuvent brûler après la récolte, et le feu s'emballant quelques maisons, quelques voitures y passent aussi. C'est un désastre écologique qui se déroule sur quelques millions d'hectares et nous ne trouvons pas mieux à recommander. Même utiliser les tiges de maïs comme combustible est presque impossible.
Sur le terrain, il faut tout faire pour nourrir la plante. Lorsque vous avez de la chance vous trouvez quelque chose qui veut bien pourrir, des peaux de banane, des écorces de café, des restants de quelque chose et alors c'est le vrai miracle;
Il suffit de faire une dépression dans le sol, un peu plus grande qu'une assiette à soupe, mélanger ce qui va pourrir et l'engrais, placer votre graine et vous aurez à coup sur une magnifique plante. La raison en est toute simple. Lorsque vous plantez un maïs dans ce pauvre sol africain, que vous revenez lorsqu'il est haut de 1mètre et plus et que vous tirez sur la tige, vous découvrez que les racines du maïs qui devraient plonger à 2 ou 3 mètres, ne descendent même pas 20 cm dans le sol tellement celui-ci est toxique.
La vulgarisation agricole tient plus de la pratique psychiatrique que d'une quelconque science.
En Suède étant petit ingénieur, avant notre première sortie chez les agriculteurs, le Recteur nous a donné la Règle d'Or, je devrais écrire cela en immenses lettres pour que ce message passe :
" Si on vous demande quelque chose, vous vous taisez "
Cela peut sembler étrange comme système de vulgarisation, mais ça marche. Vous pensez bien que si vous arriviez chez un agriculteur qui travaille depuis plus de 20 ans et que vous vouliez lui expliquer que vous, avec vos 6 mois d'expérience, vous allez lui enseigner quelque chose de nouveau et profitable, vous êtes dans une situation scabreuse.
Nous avions donc ce dialogue, que vous apprendrez par cœur, il y aura interrogation écrite :
Le conseiller :
" Oui, oui, je vois que ça pourrait bien être une bonne année "
L'agriculteur
" Pas vraiment une bonne année, regardez là à gauche (faut regarder une plante qui est à 200 mètres, déjà qu'à 20 mètres je ne vois rien), c'est bien faible par là, qu'est-ce qu'on pourrait y faire ?"
Attention piège !!! surtout ne pas répondre !!!
Le conseiller
"Je vois ce que vous voulez dire (en fait je vois rien du tout). Votre champ est ce que j'ai vu de mieux cette semaine mais comme vous dites, là peut-être ? Comment avez-vous fait l'année dernière ?"
L'agriculteur
"Je suis passé avec mon fils et j'ai ajouté 15kg de Trucamuche puis je suis revenu une semaine après avec quelques kilos de Poudramouche".
Le conseiller
"C'est intéressant, très intéressant, c'est ce qu'on recommande, mais là vous avez trouvé une nouvelle manière en mélangeant ces deux produits à ces deux dates ".
L'agriculteur
" Oui, je crois que c'est une bonne solution et qu'il faut le refaire cette année "
Le conseiller
" Je crois que ça devrait aller mais appelez-moi si le problème ne devait pas disparaître, encore que ça m'étonnerait".
Et on chantera les louanges sur vos  qualités d'agronome et de sagesse.
Lorsque j'ai commencé ma carrière à la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture) mon patron m'a donné la règle d'or :
 Lorsque l'agriculteur vous parle, quoiqu'il dise vous répondez :
"Vous avez tout à fait raison !!!"
Ca donnait le dialogue suivant :
Le Conseiller :
"Nous allons aujourd'hui regarder ce qui arrive si on met 100kg à l'hectare de NPK sur les tomates"
L'agriculteur en hurlant:
"Ca va pas du tout, l'engrais il brûle les tomates, j'ai perdu toute ma récolte l'an dernier, c'est dégoûtant de recommander à de pauvres agriculteurs comme nous des méthodes qui coûtent chers et font perdre la récolte !!!"
Le conseiller :
" Vous avez tout à fait raison, monsieur, et il faut bien écouter ce que vous avez dit : l'engrais, s'il n'est pas bien employé risque de brûler votre récolte etc, etc"
L'agriculteur
" Faut pas mettre d'engrais sur les tomates, elles deviennent toutes sucrées et pourrissent tout de suite etc etc"
Le conseiller
"Il faut bien écouter ce que Monsieur a dit, c'est très important, le traitement de la culture doit être adapté à la production et au goût du client. Je vous remercie d'avoir souligné ce point qui est si important et que beaucoup oublient".
et ainsi de suite, et vous devenez le meilleur copain de l'agriculteur qui, soit dit en passant, avait tout à fait raison.

En Afrique pauvre, nous n'avions pas de difficultés de vulgarisation, le tout petit peu d'engrais que nous trouvions ne suffisait pas à couvrir les besoins d'un centième de la population. Chaque famille d'agriculteurs savait très bien qu'ou bien il trouvait de l'engrais et pouvait survivre, ou bien ils cultivaient sans rien et n'obtenaient rien. Le problème était plutôt de trouver une porte de hangar suffisamment forte pour protéger les stocks d'engrais des emprunteurs.
 
Puis la Banque Mondiale est arrivée et enfin nous avons tout compris : Le pays allait mal parce que les plus pauvres, les agriculteurs, recevaient trop d'argent pour leur maïs et qu'ils ne payaient pas assez pour les engrais qu'ils achetaient. Lorsqu'on vous l'explique, c'est évident, non ?
Avant la Banque Mondiale, l'agriculteur payait peut-être deux sacs de maïs pour avoir un sac d'engrais, c'était déjà limite, limite. Après il devait payer au moins 4 sacs, c'est à dire qu'il n'avait aucune chance de pouvoir ni acheter de l'engrais, ni produire du maïs. alors avec quoi est-ce qu'on allait nourir les villes ? Simple !

Avec le Marché Mondial évidemment !!
L'admirable avec la Banque Mondiale c'est que la même recette fonctionnait au Maroc, au Mexique, au Kenya, en Zambie. On se demande quel aurait été le résultat si les experts de la Banque Mondiale au lieu d'être des financiers avaient été des médecins ? De l'aspirine pour guérir la malaria, le choléra, la fièvre jaune, etc ???
Financièrement, les experts de la Banque Mondiale avaient raison, les pauvres sont vraiment génants, ils n'achètent pas, ils ne vendent pas, ce sont des mauvais consommateurs. Avec ce système on aurait beaucoup moins de pauvres, bon, on aurait aussi beaucoup plus de morts mais qui se péoccupe des cadavres des pauvres ?